Un vent de révolte souffle dans mon entourage. Il est désormais de bon ton de cracher sur internet et ses méfaits, de mépriser Facebook, Twitter ou Windows Live Messenger, et de mépriser tout autant ceux qui persistent à vouloir les utiliser. Les gens, sur internet, ne sont pas des gens. Parler avec quelqu’un n’a aucun intérêt si on ne peut le sentir ou entendre le son de sa voix. Se connecter à internet, c’est tout simplement perdre son temps.
En parangon de l’homo internetus moderne, je vais, dans ce billet, m’ériger contre ce raisonnement fermé, qui confine à l’obscurantisme le plus noir :p .
Qu’on soit bien d’accord. Sortir faire un tour en ville, à la campagne ou dans une mine de charbon, je n’ai rien contre. C’est très bien. Parler de vive voix avec des gens, c’est très bien. Faire du sport, voyager à l’étranger, nourrir des vaches ou parler à des mecs bourrés dans un bar à 3 heures du mat, tout ça c’est très bien. Je ne prétend pas dire que tout ce qu’on peut faire sur internet, c’est mieux.
Mais ça n’est pas pire. Quand je suis connecté, comme actuellement, je continue à respirer, mon coeur bat toujours, je ressent la faim, la soif et les odeurs. J’en déduit donc que c’est une activité qui fait partie intégrante de la “vraie vie” qu’on essaie parfois de m’enlever. Prenons, dans l’ordre, les trois activités les plus critiquées.
Windows live Messenger (msn)
Être tout le temps sur msn, ça serait mal. Je me permet de m’insurger. On (ou en tout cas je) n’est pas à proprement parler sur msn. Msn est ouvert, et on fait autre chose. Être connecté à msn, ça revient à avoir son téléphone portable allumé dans la poche. Si quelqu’un veut nous parler, ou si l’on veut parler à quelqu’un, c’est possible. Parce que c’est bien de ça, et uniquement de ça qu’il s’agit : parler. Et parler, à mon sens, ça n’est JAMAIS une mauvaise chose.
Que je débatte avec quelqu’un dans la rue, ou avec quelqu’un sur msn, je débat quand même. La façon de faire est différente, le ressenti n’est pas le même, les conditions diffèrent… On peut trouver que c’est moins bien… Il n’empêche que si je ne connais personne dehors dans la rue, et que j’ai envie de causer avec quelqu’un que je connais et pas le premier inconnu venu, msn, c’est bien pratique. Je ne vois pas du tout en quoi ça pose problème.
Facebook
Facebook, c’est brusquement devenu le mal absolu. Je n’ai pas bien compris pourquoi. Facebook, c’est un formidable moyen d’échange, d’images, de vidéos, d’articles, de points de vues. Facebook, ça permet aussi de retrouver des gens qu’on avait perdu. Ça permet de tenir les autres au courant et de se tenir informer.
Une critique répandue, est celle du temps perdu sur facebook. Là, j’ai envie de dire que ce n’est pas un problème lié à facebook. Si les gens se connectent et restent à végêter devant, tant pis pour eux. J’y passe à peine une dizaines de minutes par jours, plus quand il y a des choses à appronfondir… Et je ne vois pas en quoi ça peut bien me diminuer…
Seconde critique, l’étalage de la vie privée. La vie privée de mes amis, ça m’interesse. De toutes façon, ils me la racontent en long et en large, qu’ils le fasse dans un bar ou sur facebook… Pour ma part, je n’ai rien à cacher. Peu me chaut qu’un individu lambda puisse, grace à Facebook, découvrir que je n’aime pas le chocolat ou que je vote à gauche. Quelqu’un que ça n’intéresse pas ne sera pas dérangé par le fait que j’ai renseigné ces informations, quelqu’un que ça interesse aura facilement l’information. Il est ou le problème ?
Twitter
Encore de l’information. Sur twitter, je ne suis du verbe suivre) pas des amis virtuels. Je suis des gens qui ont des choses que je juge interessantes à dire. Oui, moi ça m’interesse de savoir qu’un nouveau protocol d’échanges de fichier vient d’être inventé. Oui, moi ça m’intéresse d’apprendre que The Pirate Bay est racheté et ne donnera plus que dans l’offre légale. Oui, moi ça m’interesse de suivre l’évolution des projets libres de droits, de découvrir des initiatives qui vont dans le sens de mes idéaux ou de tomber sur un article construit sur une opinion politique. Et tout ça, je l’apprend et le découvre notamment par Twitter. Ça m’intéresse plus que d’apprendre à traire les chèvres, à construire moi-même ma petite éolienne ou comprendre ce que ça veut dire si je rêve d’un ballon de baudruche rose.
On peut tout à fait critiquer ces services. Il me déplaisent en ce qu’ils sont propriétaires, mis en place par des entreprises dont le but souverain est de gagner de l’argent, éventuellement au détriment des utilisateurs. C’est d’ailleurs pour ça que je suis de très près les initiatives libres, collaboratives, qui naissent tous les jours. Seulement voila, mes amis, ils sont sur ceux là. On peut contester certaines utilisations qui en sont faites. Vêgeter devant son pc, sans rien faire, à rafraichir mille fois une page qui ne change pas, ça n’est pas constructif, on est tous d’accord pour le dire. Je maintiens que ce n’est pas l’utilisation que j’en fais et j’ajoute la question suivante : est-ce vraiment moins constructif que de passer une après-midi à dormir dans l’herbe ?
J’en remet une couche sur le libre. Nulle part ailleurs que sur internet, on ne trouve d’initiative aussi forte en matière de contestation de la société actuelle, que sur internet. Le mouvement du libre, que ce soient les logiciels, la musique, les écrits, les dessins.. se répand extrêmement rapidement. C’est un modèle qui fonctionne, qui donne des résultats, alors même qu’il va à l’opposé de la société de consommation. C’est un mouvement qui, peu à peu, sort des frontières d’internet. Moi, j’y crois. Je crois que c’est quelque chose qu’il faut suivre et soutenir. Et non seulement j’y crois, mais j’en suis en plus totalement convaincu ;) .
Sur internet, j’apprend des choses. Plus que quand je vais en cours, et des millions de fois plus que quand je vais à une soirée, ou dans un bar. Être en permanence devant un PC, ça n’est pas sain. Être en permanance dehors, ça ne l’est pas non plus, demandez à ceux qui n’ont pas de toit. Si l’on pense qu’internet c’est utile (on peut vivre sans… Comme on peut vire sans electricité, sans journaux ou sans salle de bain… Il n’empêche, c’est utile et pratique, pourquoi le jeter ?), il faut réaliser un équilibrage entre les deux, mais cet équilibrage ne doit pas obligatoirement être le même pour tous. J’ai beaucoup de passion et d’intérêt pour ce qui se fait sur la toile. J’ai de l’intérêt pour ce qui se fait ailleurs, et je suis ça sur internet. J’aime bien sortir avec des amis… mais très vite je m’ennui, et surtout j’ennui les autres (et ils me le font bien sentir). Je ne sais pas comment ça marche. Je ne comprend pas comment parler avec un gars bourré, ça peu être plus constructif que lire un billet de maître Eolas, d’Autheuil ou du monolecte.
Ça n’est pas pour ça que je crache sur ce genre d’activités. Ne crachez pas sur les miennes :) .